Interviews

Mardi 15 septembre 2009 2 15 /09 /Sep /2009 20:52

Bonjour à tous,
Un grand merci à André Malpel, d'une part pour la qualité des ses réponses (à lire et à relire) et, d'autre part, pour avoir pris le temps de répondre à cette interview à seulement quelques jours de l'ouverture du Salon du Trading 2009.


Copyright Agence IAT - Salon de la l'analyse technique 2009 / Espace Cardin
Après avoir dû répondre aux questions d'André au Salon de l'Analyse technique, je n'ai pu résister à l'envie de le convier à cette interview ;)



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Bernard prats-Desclaux -  Bonjour André, après le 10° salon de l’Analyse Technique en Mars 2009, tu organises le 4° salon du Trading les 18/19 septembre prochain. Pourrais-tu détailler, pour les lecteur du blog "ATBFInance", les principaux événements de ce salon ? Deux salons (Salon de l’analyse Technique et Salon du Trading) pour deux thèmes, pourrais-tu définir les différents objectifs et les différentes caractéristiques de chacun des salons ?

 

André Malpel - Analyse Technique et Trading constituent 2 domaines d'activités à part entière, avec des règles spécifiques. Il faut se rappeler qu'il y a 10 ans quand j'ai créé le salon de l'AT (en mars 2000),  très peu de monde utilisait ce type de méthodes, et considérait l'AT comme étant au mieux sans utilité. Les choses ont bien changé, et le salon y est certainement pour beaucoup.

Présents sur les marchés (Futures) depuis fin 1986, et utilisant l'Analyse Technique depuis cette époque, je voulais montrer en quoi celle-ci pouvait être utile, et surtout bien expliquer sur quoi elle reposait, c'est à dire : des règles précises, qui donnent souvent des résultats au-delà de son espérance.

Conseillant déjà à l'époque, un grand nombre de gestion, institutionnels, salles de marchés et traders sur les Futures, et intervenant moi-même sur le Notionnel, puis le Cac Future et le Bunds, je savais par expérience, que l'AT était insuffisante en soi, et devait absolument se marier avec d'autres techniques, afin de pouvoir s'appliquer avec efficacité. Etant donné en effet, que l'AT n'est pas une science exacte, qu'elle ne donne pas de résultat à coup sûr, et que l'on joue sur des probabilités (plus de chances de réussir, que l'inverse), il est absolument nécessaire également, de lui associer des règles d'exécution, afin d'en améliorer le taux de réussite. C'est ce que j'appelle le Trading : "Un art d'exécution", qui s'appuie sur des règle strictes, qui n'ont rien à voir avec l'AT. Si vous parlez de : Figures Chartistes, d'Oscillateurs, de Vagues d'Elliott, de tendance .... vous faite de l'Analyse Technique. Si au contraire vous parlez de : Stratégie, de Tactique, de gestion du Capital, de gestion du Risque, de Psychologie ou de Coaching ... Vous parlerz de Trading. C'est un peu comme sur la route : Vous pouvez établir votre chemin, regarder la carte, décider du meilleur parcours, celui qui sera le plus rapide, évitera les encombrements  ... et vous pouvez ensuite l'utiliser en conduisant votre véhicule, afin de vous amener à bon port. Ce sont deux choses différentes. Or si la première est utile à la réussite de votre voyage, la seconde est essentielle sinon capitale, si vous souhaitez arriver vivant !

C'est à peu près la même différente, entre l'AT et le Trading. Les deux sont extrêmement importants, mais si vous ne deviez en retenir qu'un, ce serait sans nulle doute : Le Trading.

Aussi le salon du même nom est-il un peu différent de celui de l'AT, comme il ne propose pas uniquement des conférences. Si les conférences sont elles-mêmes orientées de manière pratique, sur la stratégie et non sur les méthodes de l'AT qui seront employées, il y a également plusieurs séance de trading en direct, avec capitaux réels, et même cette année, les premières demi-finales et Finales des Duels de Trading. Cela s'annonce passionnant et devrait ravir tous les passionnés du genre, ainsi que permettre au plus grand nombre de voir comment des traders professionnels prennent position au quotidien, avec leurs propres capitaux. 

 

 

BPD - Comment s’effectue le choix des traders qui participent au salon ?

AM - Les demandes étant particulièrement importantes et récurrentes, nous avons dû encadrer celle-ci dans un règlement particulièrement strictes. N'importe qui peut nous soumettre sa candidature. Il doit néanmoins respecter un certain nombre de critères qui se trouvent énumérés en bas de la home page du site ou ici : http://www.salonat.com/avertissement.htm

Evidemment le commun des mortels sera opposé à forte concurrence, comme notre événement étant également très connu à l'étranger, nous avons beaucoup de sollicitations de la part de traders de renom.

Notre choix proprement dit, repose avant tout sur : l'originalité du sujet, le sérieux du contenu présenté, les qualités pédagogiques de l'intervenant, le charisme du conférencier et enfin sa notoriété auprès du public. Ce sont là les éléments essentiels. Ce ne doit pas être des conférences commerciales, car les conférenciers n'ont rien à vous vendre. En dernier lieu enfin, ces derniers doivent accepter la controverse, et se soumettre de bonne grâce, si le timing le permet, à une série de questions contradictoires avec le public, en fin de conférences. 

 

BPD - Pour un trader ou un investisseur débutant, il est toujours utile de se confronter à des traders professionnels qui vivent de leur métier et partagent souvent leur passion avec coeur. Quels retours as-tu des visiteurs du salon concernant ce qu’ils ont pu retirer des conférences ?

AM - Pour chacun de nos événements, nous remettons une enquête avec le catalogue visiteurs, qui permet à chacun d'exprimer son avis, et de nous adresser soit ses reproches, soit ses félicitations.  Cela nous permet également de connaître le profil de nos visiteurs, leurs centres d'intérêt, et d'orienter, modifier ou faire évoluer le salon, en fonction de toutes ces remarques. Cela nous permet d'obtenir ainsi un sondage d'un volume très important comme en général ce sont 2500 de nos visiteurs, qui nous remettent cette enquête, soit : bien plus que toutes les enquêtes auxquels d'autres salons procèdent en direct sur leur événement !

Pour répondre plus précisément à votre question : ce qui fait évidemment la différence avec tous les autres salons financiers, et constitue notre "avantage concurrentiel", ce sont bien sûr les conférences, et les contenus pédagogiques et gratuits qui y sont présentés. Ces mini-séminaires d'1 heure, représentent l'une des rares occasions de pouvoir se former, sans rien avoir à dépenser. Sur ce plan, je dois dire que d'une certaine manière : nous faisons un peu "le grand écart", étant donné que le contenu, de part la notoriété des conférenciers internationaux que nous invitons, est sans doute l'un des plus exceptionnels qui soit présenté en France dans l'année, et surtout de manière totalement Gratuite. Chacun des conférences pourraient en effet, faire partie de séminaires proposés habituellement plusieurs centaines d'Euros au moins la journée.

Evidemment, il y a quelqu'un qui paye pour tout cela, et toute cette organisation. Ce sont les Exposants, qui sponsorisent cet événement. Sans eux, celui-ci ne pourrait avoir lieu.

Etant donné que les "plus grosses pointures"  de l'Analyse Technique ou du Trading international, se trouvent sur le salon, il est évidement possible de les rencontrer en face à face, et de pouvoir au détour d'un stand, leur poser une multitude de questions. C'est là également un des très gros avantages du salon, cités par nombre de nos visiteurs, qui peuvent parfois discuter ou échanger quelques réflexions avec des quasi-légendes de notre métier.  

 

BPD - Avec la crise financière, le terme « trader » est soudain, et parfois avec « fracas », entré dans le langage courant du français « lambda ». Auparavant, en tant que trader, je devais toujours expliquer ce que je faisais ; aujourd’hui, ce n’est évidemment plus le cas. Mais penses-tu que, avec la mise en éclairage de cette activité (et même si les médias ont plutôt tendance à mettre l’accent sur les aspects qui peuvent faire débat), de plus en plus de français aient envie de se tourner vers le trading ? Le ressens-tu en préparant le salon ?

AM - Cette semaine, deux dossiers sortent dans la presse, dans lesquels j'interviens longuement sur ce sujet : D'une part dans LeRevenu Hebdo : " Gérant ou Trader qui suivre en Bourse ?" et dans Le Nouvel Economiste : " Une question de comportement". Je ne vais pas refaire ici ces deux articles et je vous y renvois pour plus d'infos (celui de LNE est en accès libre sur leur site). Ceci étant dit, pour résumer : il me semble que la bourse facile cela n'existe pas ou bien seulement en rêve. Bien que quelques scandales aient éclaté ici ou là, ce qui a éclairé un peu plus notre profession, beaucoup de monde reste persuadé que c'est un métier idyllique et facile. Or je ne veux pas jouer au rabat-joie, mais rien n'est moins vrai. Le trading est un vrai travail, une activité particulièrement difficile, très stressante, à rester coincé devant votre écran toute la journée, et dans laquelle on peut perdre gros. La caricature du trader qui passe 30 minutes le matin devant son écran, et qui sirote un cocktail autour de la piscine toute la journée, en surveillant d'un œil les cotations, ça n'existe pas .... ou seulement pour ceux qui ne tradent pas ! Evidemment il y a des règles, des techniques, de l'expérience qui s'acquiert à la longue, mais cela demande souvent au moins quelques années. Il ne faut tromper personne. La Bourse n'est pas un jeu d'enfant, et la bourse active, du type Trading (et je ne parle pas ici de day-trading ou scalping), demande vraiment une formation, avant de se lancer.

Beaucoup de monde se voit déjà trader et riche à Wall-Street. Evidemment ce serait mieux que de subir la crise. Mais croyez moi, attendez avant de tout laisser tomber pour vous consacrer uniquement au trading. Commencez tout doucement, et si vous ne parvenez pas à gagner avec des petites sommes (courtage ou pas inclus), alors n'imaginez pas (ce qui est une erreur habituelle) que vous gagnerez plus et plus vite, avec de plus gros montants ou des effets de leviers supérieurs.

 

BPD - Question orienté plus trading, en tant que trader, si tu devais conseiller un trader débutant sur quel aspect du triptyque (stratégie, money management et psychologie) lui conseillerais-tu de mettre l’accent ? Sempiternelle questions, autrement énoncé, penses-tu qu’un des aspects du trading soit prédominant sur les autres ?

AM - Comme cité plus haut, entre AT et Trading, ce qui me parait le plus important, ce sont les règles de trading, même si celles-ci seront plus faciles à mettre en  oeuvre avec les signaux donnés par l'AT.

Dans le Trading, entre : Stratégie, Tactique, Money management et Psychologie,  ... il me semble que le Money management est certainement le point le plus important, mais également le moins bien compris ou souvent même totalement oublié. Il ne s'agit pas en effet, de parler du placement du stoploss, ni non plus de la gestion du risque (Risk Management), ni de Diversification, ... mais seulement de la taille de la position. Or cet élément à lui seul est primordiale comme il permettra d'augmenter ses gains ou de réduire ses pertes et de là d'améliorer ses probabilités de réussites à long-terme. Si j'en parle moi-même depuis mes premiers séminaires en 1996 (Fimatex), le terme de Money management est toutefois un peu galvaudé aujourd'hui, et utilisé par beaucoup d'auteurs sans vraiment savoir de quoi il en retourne. C'est un donc domaine à creuser, dans lequel il ne suffit pas seulement de dire : "il faut avoir un bon Money Management" ce qui d'une certaine manière est un peu de la langue de bois, .... mais également d'expliquer ce que ce terme recouvre précisément. 

 

 

BPD - Perry Kaufman sera présent sur le salon. Son livre « Trading Systems and Méthodes » reste une référence pour les systèmes de trading automatiques. Opposes-tu le trading discrétionnaire au trading automatique, où penses-tu qu’il puisse exister une complémentarité entre les deux ?

André Malpel - Effectivement, si sur le Money management, nous auront l'un des auteurs chercheurs en la matière, des plus célèbres: Ralph Vince, ..... en matière de Trading Systems nous auront également le plaisir d'accueillir la référence, reconnue de tous dans le monde en la matière : Perry Kaufman.

Pour répondre à la question, à titre personnel je suis Discrétionnaire, et cela me réussit assez bien jusqu'ici. Pour autant, ce ne sont pas mes gouts qui doivent primer au salon. Les systèmes de Trading se développent de plus en plus, en particulier au sein des grand fonds et gestions des Banques. C'est un fait. Grâce aux historiques qu'ils sont en mesure de présenter, ils rassurent les directions des grandes Banques, et permettent d'établir plus facilement de stratégies de gestion. Selon moi, c'est un leurre, et le réveil, comme pour LTCM en 1999, risque d'être douloureux. Néanmoins, tout n'est pas à jeter dans les Systems, et les recherches peuvent parfois aboutir à voir le Trading ou bien les marchés de manière différente.

Pour l'heure beaucoup de monde s'y intéressant, et les « Systems » faisant eux-mêmes partie de la sphère du "Trading" en général, il était évidemment plus qu'utile et nécessaire d'inviter les experts les plus connus à participer à notre salon.

 

Passez deux très bonnes journées studieuses, afin d'améliorer vos prise de position sur les marchés.

BPD - Un grand merci et rendez-vous vendredi et samedi à l'espace Champerret!

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Par Bernard Prats-Desclaux - Publié dans : Interviews
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Jeudi 26 juin 2008 4 26 /06 /Juin /2008 09:27
Comment réagissez-vous lorsque le stop loss est déclenché?

J'évite d'y penser d'abord. Comme il m'arrive souvent de gérer plusieurs positions en même temps, un déclenchement de stop ne doit pas venir me perturber dans mon trading. Ensuite, j'ai compris que le déclenchement du stop représentait seulement l'activation de la protection de mon capital. Vu sous cet angle, il est plus facile d'accepter l'echec du trade. J'ai beaucoup apprécié tout ce que vous avez écrit sur les pertes et leur gestion. Je m'y retrouve beaucoup.

J'imagine que comme la plupart des traders vous connaissez des périodes fastes et des périodes plus délicates. Comment gérez-vous cette alternance de périodes?

J'essaye d'être le plus régulier possible. Mais il est exact qu'en fonction des stratégies choisies et des périodes de marché, mon trading va être plus ou moins profitable. Là c'est l'expérience qui parle tout simplement. Je n'ai aucune raison d'être inquiet tant que je respecte mon plan de gestion du risque et que j'applique des entrées étudiées et récurrentes. Là où je pourrais commencer à m'inquiéter c'est si je venais à oublier le risque inhérent à ce métier. C'est pour cette raison que je me méfie plus des périodes de gain que des périodes de perte. Quand je suis en gain, je fais bien attention à ne pas "prendre la grosse tête". Je trade et le marché réagit bien à mes entrées, j'applique bien mes règles. un point c'est tout. J'évite de m'impliquer émotionnellement dans ce que je fais. Je ne veux pas, surtout pas, commencer à croire, que je suis subitement devenu invincible. Toute l'histoire des marchés montre que c'est le début de la fin. Tous les raisonnements de ce type ont conduits des traders à la faillite depuis des décennies.

Justement, comment réussissez-vous à gérer vos émotions pendant les trades?

Il m'est difficile de rester "tendu" et "stressé" pendant mes trades étant donné que les positions durent plusieurs jours la plupart du temps. J'essaye donc de faire abstraction des positions ouvertes quand je ne suis pas devant mes ordinateurs. Puis le trading reste un moyen essentiellement "alimentaire". C'est un métier, un plaisir. Mais ma vie ne tourne pas autour. J'arrive à couper facilement, à me débrancher. Ce n'est pas un problème pour moi.

Avez-vous le souvenir d'un trade qui vous aurait fait comprendre un élément clé et permis de progresser?

De plusieurs en effet. Mais un tout particulièrement. J'avais décidé de prendre position sur l'euro début 2004 sur la base d'analyses convergentes qui indiquaient toutes que l'euro était surévalué. J'étais rentré vers 1.1830 il me semble. Juste avant que le marché ne s'emballe en direction des 1.36 (mais j'avais coupé bien avant évidemment). Je ne dirai pas combien j'ai lâché sur ce coup. Mais depuis j'ai appris à ne plus écouter ce qui se disait sur tel ou tel marché. Cette leçon aura été profitable au final. Les conseilleurs ne sont jamais les payeurs. Et je me méfie énormément de ceux qui expliquent ce qu'il faut acheter ou vendre... sans le faire eux-mêmes.

Quel conseil donneriez-vous à un débutant ou à un trader qui peine à trouver de la régularité?
Déjà ne pas croire ceux qui expliquent que le trading est facile. Si j'ai accepté de répondre à l'interview, c'est parce ce qui est écrit dans ce blog met en garde les débutants. Et c'est une bonne chose. Ensuite, un trader doit prendre conscience qu'il va devoir gravir une montagne, une montagne dont il ne peut pas percevoir le sommet. Donc au-delà des compétences particulières, des qualités individuelles, je crois qu'il faut s'armer d'une grande dose de courage et de volonté pour réussir en trading.


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Interview réalisé en MAI 2008 par échange de mails.

bon trading à tous.



Par Zenitud - Publié dans : Interviews
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Lundi 23 juin 2008 1 23 /06 /Juin /2008 10:02
Bonjour,
Pouvez-vous résumer rapidement votre cursus avant de devenir trader?


Bonjour, et merci de m'avoir proposer cette interview.
En fait, je suis devenu trader un peu par hasard. C'est un copain qui m'a fait découvrir le trading à la fin des années 90, pendant la bulle internet. J'avais un métier stable et quelques économies. J'ai commencé comme ça. Puis rapidement je me suis pris au jeu.

Votre réussite en trading a-t-elle été immédiate? Quelles épreuves avez-vous traversées?

Oui, ma réussite a été immédiate. Dès la première année, j'ai réussi à gagner plus avec le trading qu'avec mon salaire. Pourtant, je ne pouvais pas suivre les marchés toute la journée. Je me contentais de ce que je pouvais.
Mais la suite a été moins glorieuse. Avec le recul, je pense que je me suis vu plus beau que je ne l'étais en réalité. Je pensais que mes gains provenaient de mes talents alors qu'il suffisait de prendre une fléchette, de viser les yeux fermés, et de toucher le centre de la cible, à tous les coups ou presque. Quand les marchés ont commencé à se retourner, je n'ai rien vu venir, et j'ai continué à trader de la même manière. Je me suis alors entêté, j'ai fini par reperdre la totalité de mes gains précédents et plus encore.
J'ai alors dû faire face à une grande décision: soit je stoppais tout, soit je me décidais à aborder les marchés de manière professionnelle. Le plaisir initial du jeu avait laissé la placé a un réel intérêt pour les marchés. J'ai donc décidé de franchir le pas et de me lancer.

Comment avez-vous réussi à franchir le palier, ou les paliers successifs, entre trading perdant et trading gagnant?

Beaucoup de recherches, des lectures. Des périodes de découragement mais aussi des satisfactions quand je voyais le travail mis en place qui commençait à payer. Au final, il m'a fallu plus d'un an pour véritablement commencer à générer des gains de manière régulière et pour supprimer les grosses pertes qui détruisaient mon compte et mon moral.

Comment qualifiriez-vous votre style de trading?

Je trade essentiellement en suivi de tendance sur des périodes allant de un à plusieurs jours. C'est la périodicité qui me convient le mieux. L'intraday pur n'est pas fait pour moi, le scalp encore moins. Puis je connais très peu de scalpeurs qui réussissent à s'en sortir sur longue durée. Ce sont des exceptions.

Sur quels marchés intervenez-vous?

Je travaille essentiellement sur le Forex et le marché des futures indices et matières premières.

Quels outils utilisez-vous pour intevenir sur les marchés?

J'aime pas trop les usine à gaz ou les systèmes automatiques. Ma réflexion principale porte toujours sur comment alléger au maximum les paramètres d'aide à la décision. Ainsi, je pourrais vous dire presque de manière provocatrice que mes prises de décision se basent sur les prix, un point c'est tout. Tous les indicateurs ne sont que des produits dérivés des prix et des volumes. Un trader attentif doit donc pouvoir lire dans les prix tout ou à peu près.
Plus sérieusement, je base mon trading sur les cycles et les vagues. Quand j'ai trouvé une tendance, je m'efforce de me laisser porter. Je ne sais jamais ce que va faire le marché. je ne suis pas astrologue. C'est le marché qui décide. Ceux qui ont l'ambition de vouloir imposer leur volonté au marché se trompent de métier je pense.

Comment gérez-vous le risque? Et la gestion du risque est-elle un élément essentiel de votre trading?

Je me suis beaucoup investi, sans jeux de mots, sur la gestion du risque. C'est certainement l'élément clé qui m'a amené à progresser et à réussir. A mes débuts, je n'avais aucune notion. Le mot "risque" ne figurait pas dans mon vocabulaire, le mot "gestion" non plus d'ailleurs.
Aujourd'hui, j'applique une gestion du risque très stricte, très élaborée, qui dépend de nombreux critères. Selon le trade que j'ouvre, j'ai déterminé un risque prélable en fonction du taux de réussite historique mais aussi en fonction des réussites (ou échecs) précédentes. Autant j'ai simplifié la prise de décision technique (pour revenir à une des questions précédentes), autant je travaille avec une ensemble assez complexe au niveau de la gestion du risque.

La suite rapidement...
 


Par Zenitud - Publié dans : Interviews
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Mardi 1 avril 2008 2 01 /04 /Avr /2008 08:00

I read your book "The psychology of trading" (Wiley and sons) a few years ago. I was very interested and I noticed a lot of things. In particular, you wrote: "Successful traders do not eliminate emotions. Indeed, they experience emotions fully, so fully that they become consciously aware of what they're feeling. At that point, however, they don't become lost in their emotional state. Instead, they adopt the vantage point of the Observer, standing apart from the feelings and making sense." Can you develop this point?

 

 

Brett.Steenbarger - Yes, thank you for the interview opportunity.  Emotions provide information:  they reflect our appraisals of the world around us.  To shut off emotions is to miss out on that information.  If, however, we become lost in emotion, we can act impulsively and also fail to learn from the information contained in our feelings.  So the idea is to identify feelings and acknowledge them, but not to treat them as automatic guides for action.  That's what I mean by being an "observer":  we notice our emotions, but also stand apart from them.  It's a skill that is learned in meditation, as well as in many behavioral methods within psychology.

 

 

 

Many traders begins the trading by taking an amount of losses. That seems almost like an initiatory rite to understand the true nature of the trading. What do you think about it and how can one explain it?

 

B.T.-  Yes, losses can be very good learning experiences.  The key is figuring out why a loss occurred, so that we're either learning something about the market or learning something about ourselves and our trading.  By keeping risk small early in the learning process, we can contain losses and make sure we financially (and emotionally) survive our learning curves.

 

A lot of people have problem to take their losses. They can't tolerate a loss. They don"t accept the real nature of trading. How do you explain this fact?

 

 You're right; many people are quite risk averse, and trading might not be for them.  Or they may need to trade a method and position size consistent with their risk aversion.  Sometimes it's not the monetary losses that people can't tolerate:  it's any kind of loss.  It's psychologically dangerous to base our self esteem on our winning and losing.  We can't control whether any particular trade will make or lose money.

 

Do you think that some people are more gifted than others to make trading? Which are qualities that a trader must have to succeed and the defects which it must absolutely remove?

 

 Yes, I do believe that some people are more gifted at pattern recognition than others and have superior short-term memory and information processing abilities that aid them in trading.  I also believe that much of trading involves practice and skill development; otherwise, talent never finds its expression in performance.  Personality traits can hamper success in trading, but I'm not convinced that personality is a great predictor of elite trading outcomes apart from talent and skill.

 

Trading implies to combine three elements: strategy, money management and psychology. Which of these three elements is the more important for you, is there is one?

 

 Well, without strategies that have favorable expectancies, psychology will only help to curtail losses.  Good trading requires strategies that have a favorable "edge"; i.e., a non-random, positive set of outcomes.  Money management is an integral part of strategy, not something separate.  Once you have a successful strategy, *then* psychology is important in implementing the strategy with consistency.

 

 

As a trader, how can you define your trading's technique? Could you briefly detail your approach?

 

 My blog (www.traderfeed.blogspot.com) has a number of posts describing my approach to markets.  I'm mostly an intraday trader who uses patterns of volume and numbers of stocks trading at the market bid vs. offer to identify short-term directional moves in stock indexes.  My average holding time for a trade is 20 minutes, and I'm looking for moves of several S&P 500 points on average.

 

I think that we learn even more of our losses than our gains. Have you experienced a loss or a serie of losses that increase your trading'skills?

 

 Yes, I go through series of losses every year, and every one has been a good learning experience.  As I lose money, I trade smaller and cap my losses.  That way, I never lose too much as a total % of my portfolio.  Many times the losing trades tell me something that I'm missing in the market and force me to go back to my research and revise my views.  When I return to trading with new views, I'll pick my size back up and making back the losses isn't so difficult.

 

 

Do you have any special advices for "young" traders?

 

 Yes.  Don't be too quick to trade.  Observe markets.  Practice trading in simulation mode.  Learn how to read short-term market strength and weakness so that you enter trades at good prices.  Learn how to size positions properly and control risk.  Learn how to set profit targets for trades so that your ratio of reward to risk is favorable each trade.  Learn how to take losses.  Only once you've learned these component skills thoroughly in paper trading should you put actual money at risk.  Young traders tend to be more interested in trading than in learning markets.  It's a quick path to losing money.

Thank you.

Bon trading à tous

ZenT


 

 

Par Zenitud - Publié dans : Interviews
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Mardi 18 décembre 2007 2 18 /12 /Déc /2007 09:24

La traduction est enfin disponible. François m'a gentiment proposé de "nous" rendre ce service. J'avais juste commencé à traduire le premier paragraphe. Je manque de temps et  sans lui je pense qu'il m'aurait encore fallu quelques jours pour la finir. Merci à lui.

bon trading

Zenitud

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Bonjour Alan !

Q – Quand et comment avez-vous commencé le trading ?

J’ai commencé le trading il y a presque vingt ans, après avoir lu toutes les histoires sur le Krach de 1987.. Mon habitude de l’époque était  d’aller à la librairie tous les week-end pour étudier les graphiques de Value Line. Je ne connaissais pas encore la différence entre l’analyse fondamentale et l’analyse technique, j’essayais donc de prendre mes décisions à partir des méthodes exposées par Peter Lynch. Cela ne fonctionna pas trop bien.

J’avais très tôt ouvert mes comptes de trading dans une grosse entreprise de courtage qui pratiquait des taux de commissions très faibles. Je suis passé au trading sur internet dès que Compuserve (FAI historique NDT) le rendit possible au début des années 90.. J’ai alors rejoint un groupe de professionnels de marché, parmi lesquels on comptait Jimmy Rogers et John Bollinger, qui aimaient flâner et chatter sur le forum des investisseurs.

Avant de me lancer dans le trading, j’étais manager dans l’industrie de l’assurance-sinistre depuis plus de 20 ans. Cette situation a facilité ma formation de trader car j’avais peu de choses à faire au bureau au début et au milieu des années 90. J’étais le patron je possédais le seul modem du bureau, ainsi que beaucoup de temps libre. Ainsi, j’en ai profité pour étudier les marchés toute la journée et effectuer des opérations de trading alors que j’étais plutôt censé travailler sur les plaintes relatives aux sinistres.

Q –Tous les traders sont aujourd’hui d’accord sur le fait que la gestion du capital est un facteur clé. Mais il existe de larges divergences entre les traders que je connais sur l’identification du montant et de la valeur du risque. Utilisez-vous un risque identique ou un risque variable en fonction de chaque style ou type de trade ?

J’adapte mon risque au marché. Durant les périodes calmes, je peux détenir 15 ou 20 positions en overnight. Dans les marchés plus volatiles, je me contente de faire du day-trading. Je ne garde aucune position durant la nuit. Je trade des positions plus petites le temps que le marché retrouve ses esprits et des tendances plus larges.

Je fais beaucoup plus d’opérations en day-trading qu’en swing trading. Je fais probablement 5 ou 6 trades intradays pour 1 swing trade. C’est logique car je teste le marché en tradant rapidement. Cela me permet d’attendre tranquillement des entrées swings que je pourrai tenir en overnight.


Q – Le fait que beaucoup de traders réussissent année après année prouve bien que la théorie des marches aléatoires n’est pas valable, pourtant beaucoup de personnes pensent qu’il est impossible de battre le marché, et beaucoup de traders perdent leur argent au cours des premiers mois ou années. Avez-vous des conseils pour eux ?

AF – Contrôler son risque, contrôler son risque et contrôler son risque. Tant que je me focalise sur la partie profit, je suis fichu car c’est ce que les dieux du marché veulent que je fasse. L’avarice est la première chose qui videra vos poches. J’ai aussi appris qu’il n’y a pas de  marché juste ou équitable. C’est un sale endroit ou les plus gros jouent des tours cruels aux  plus petits traders. Vous devrez vous en rendre compte instinctivement pour éviter ces pièges. Vous pourrez alors décider de vous en servir ou bien de les éviter.


Q – Pouvez vous dire si une personne fera un bon trader ou non? Et si oui, pouvez vous nous dire quelle est la qualité essentielle d’un trader qui réussit?

AF - Beaucoup de traders réagissent aux situations plutôt qu’ils ne les prévoient. Ils suivent ainsi les mouvements de prix et se retrouvent pris dans toutes sortes de retournements. De plus beaucoup de traders ne veulent pas effectuer le dur travail nécessaire pour se faire de l’argent sur le long terme. Ils voient le marché comme un moyen de devenir riche facilement et rapidement.
Je crois aussi que beaucoup de traders ne veulent pas réussir de manière inconsciente parce que cela demande trop de discipline et d’analyse sur soi. Cela parait simple en théorie mais c’est beaucoup plus dur de le transformer en pratique chaque jour. Demandez simplement à une personne qui désire arrêter de fumer.

Les traders qui réussissent ont contrôlé leurs faiblesses dans d’autres aspects de leur vie avant de risquer de l’argent sur les marchés. Ils savent aussi comment observer, sans laisser leurs biais influencer ce qu’ils regardent. Au final, ils n’ont pas peur de perdre de l’argent car ils savent qu’ils le regagneront.


Q – Le trading ou plutôt le bon trading est un mélange de trois éléments pour moi. Stratégie et techniques, le money management, et psychologie et organisation du trader. Lequel de ces trois éléments est le plus important pour vous, s’il y en a un ?

AF – La psychologie du trader est trop surestimée après un certain nombre d’années de trading. A ce point de l’apprentissage, la performance pure est le seul problème et l’analyse psychologique reste simplement une béquille. Pour revenir à ce que je disais avant, contrôler le risque est l'aspect le plus important du bon trading. Et cela rentre dans la catégorie du money management.


Q – Avez vous quelques bons conseils à donner à ceux qui désirent trader pour vivre et ceux qui débutent à peine?

AF – Cela peut prendre 5 ans ou plus pour comprendre les marches et avoir un plan pour prendre l’avantage sur les mouvements de prix. Si vous êtes sur le marché, restez y jusqu’à que ce que cela vous paraisse clair. Mais diminuez votre position jusqu’à ce que votre plan vous dise que vous pouvez risquer plus de votre capital


Q – Vous rappelez vous une expérience particulière qui vous a permis d’améliorer votre trading.

AF – J’ai subit mon pire drawdown en 3 ans en 2006. Je me préoccupe maintenant d’éviter ces périodes en réduisant mon horizon de temps et en utilisant une approche “hit and run” pour beaucoup de trades. J’ai également augmenté ma taille de position et mon exposition totale à leur plus haut car mes résultats me disent qu’il serait fou de trader plus petit.


Q – D ’après mon expérience, les traders qui réussissent travaillent de plus en plus simplement. Le trading est l’art de rester simple dans un monde complexe! Etes vous d’accord avec ça?

AF – Absolument. J’ai arrêté de  regarder les nouveaux indicateurs techniques et je me fie juste aux patterns, à quelques moyennes mobiles et au stochastique. Ils me disent juste tout ce dont j’ai besoin de savoir sur l’entrée et la sortie d’un trade.


Q – Avez vous quelque chose à dire pour les lecteurs français de ce site?

AF – Je me suis rendu en France trois fois au cours des trois dernières années, pour animer des séminaires et parler avec des traders. J’adore l’endroit et les gens. Les traders français sont très focalisés et bien informés sur leur métier. Ils sont aussi bien moins cyniques sur leur obsession du marché que les traders américains. Je trouve cela très rafraichissant.

Par Zenitud - Publié dans : Interviews
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